Date de mise à jour de cette fiche : novembre 2008
La France est concernée par le risque sismique. Des séismes forts se reproduiront et engendreront pour certains des dizaines de milliers de victimes et des dégâts très importants de plusieurs dizaines de milliards d’euros en France métropolitaine et aux Antilles. Les dernies séismes notables survenus aux Antilles (le 21 novembre 2004 en Guadeloupe et le 29 novembre 2007 en Martinique), nous l’ont rappelé ainsi que le tsunami de l’océan Indien, fin 2004, qui a été fortement ressenti à l’Île de La Réunion. En métropole, le séisme de Lambesc (Bouches-du-Rhône) en 1909, dont on commémorera le centenaire en juin prochain, fut le dernier séisme meurtrier. Il avait à l’époque engendré 46 morts, 250 blessés et environ 300 millions d’euros de dégâts.
La vulnérabilité de notre société a depuis augmenté en raison de l’expansion démographique et d’une fragilité accrue des nouveaux modes de constructions. C’est pourquoi, les scientifiques estiment que si un séisme avec les mêmes caractéristiques se reproduisait au même endroit de nos jours, il engendrerait de 400 à 1000 morts, de 2000 à 5000 blessés et environ 700 millions d’euros de dégâts.
Or, il est possible d’engager dès maintenant des actions efficaces. Le Gouvernement a donc décidé d’engager sur six ans, 2005 à 2010, un programme d’action ambitieux dénommé « plan séisme ». L’objectif est de réduire la vulnérabilité de la France au risque sismique. Le programme a un caractère très opérationnel, avec des maîtres d’ouvrage identifiés et un calendrier de mise en oeuvre.
Des actions ont déjà été engagées, d’autres seront conduites durant les trois années à venir, parmi celles-ci :
En janvier 2007, compte tenu du risque nettement plus fort aux Antilles et de l’importance des actions à conduire, l’État a décidé de compléter le programme national par un volet spécifique : le « plan séisme Antilles » (PSA).
Outre les actions définies dans le cadre du programme national de prévention du risque sismique, le PSA met en oeuvre un important programme de renforcement ou reconstruction du bâti existant.
Dans une première phase du PSA, de 2007 à 2013, les opérations de renforcement ou reconstruction concernent le bâti prioritaire (car particulièrement vulnérable) existant au sein de six familles : les bâtiments nécessaires à la gestion de crise (c’est-à-dire primordiaux pour la sécurité civile, la défense et le maintien de l’ordre public), les établissements scolaires, les infrastructures de transport, les infrastructures de communication, les établissements de santé, le logement social.
Cette première phase du PSA, qui prend en compte les travaux de reconstruction et renforcement antérieurement prévus ou programmés, bénéficie d’un apport budgétaire nouveau qui se montait à l’été 2008 à 73 M€, destiné à renforcer ou reconstruire une première partie des établissements scolaires. En prenant en compte les engagements connus des collectivités territoriales et hors plan hospitalier, le montant de la première phase du PSA s’élève à l’été 2008 à 447 M€.
(Figure 1)
Figure 1 : le Groupe d’étude et de proposition pour la prévention du risque sismique en France (GEPP) a proposé en 2005 une nouvelle carte d’aléa sismique de la France. Cette carte d’aléa sert de base pour l’élaboration du nouveau zonage sismique réglementaire français qui devrait être mis en oeuvre en 2008 (simultanément à l’entrée en application des nouvelles règles européennes de construction parasismique dénommées Eurocode8).).